Nettoyant coque de bateau : 7 erreurs aussi courantes que nuisibles


Le mauvais usage de nettoyants pour coque de bateau est bien trop fréquent ! Des dégâts sur votre carène aux dangers pour votre santé, tout peut pourtant être évité. Il suffit pour cela d’être renseigné. Un plaisancier averti en valant deux, les experts CosmétiBoat partagent avec vous leur expérience.

Technicienne CosmétiBoat tend un vaporisateur de décrassant CosmétiBoat

1 - Mélanger des produits « pour plus d’efficacité »

C’est une erreur courante, notre logique nous faisant croire que mélanger rendra le produit plus efficace. Dans la liste des fautes fréquentes, quelques exemples : javel + vinaigre, acide + solvants, détartrant + dégraissant.

Les risques sont de neutraliser l’effet du produit ou de le rendre trop agressif. Mais surtout, c’est vous que vous mettez en danger. Vous vous exposez à des réactions chimiques toxiques. Cela va du danger respiratoire par émanations toxiques, à celui de la brûlure, en passant par le risque d’explosion (oui, rien de moins).

2 - Appliquer des solvants forts sur gelcoat, PVC, Hypalon et joints

Les solvants forts dissolvent ou ramollissent les résines, colles et vernis. Ils fragilisent les soudures et les collages des pneumatiques. Et, tout aussi critique, ils ouvrent les pores du gelcoat et favorisent l’osmose (maladie structurelle grave des coques polyester).

Les solvants à bannir pour ces usages sont :

  • L’acétone
  • Les diluants peintures
  • L’essence
  • Le toluène
  • Le white-spirit
  • Le Méthyl éthyl cétone (aussi appelé MEK, MEC ou butanone)

3 - Nettoyer l’antifouling avec des produits agressifs

L’antifouling est un revêtement sacrificiel et fragile. Le nettoyer avec des dissolvants ou acides entame les couches et le rend moins efficace. Vous risquez ainsi d’avoir tout à refaire. De plus, il est formulé pour empêcher le développement d’organismes vivants sur les coques de bateaux. Ce qui veut dire, aussi, qu’il tue les organismes vivants. Donc, prière de ne pas provoquer sa libération dans l’eau de mer !

4 - Appliquer des solvants forts sur les hublots en plexiglas

Ennemi numéro un du plexiglas : l’acétone (et autres solvants forts). S’il ne pose aucun problème sur verre ou métal, il en va tout autrement du plexiglas. Ce dernier est très sensible aux solvants forts, dont l’acétone. Voici une liste des dégâts qui devraient vous dissuader à jamais :

  • Blanchiment immédiat ou aspect givré
  • Attaque de la structure du matériau
  • Microfissures, craquelures internes
  • Ramollissement ou déformation

Retenez bien que ces dégâts sont irréversibles, même après un contact très bref. Un simple essuyage avec un chiffon imbibé peut suffire à endommager définitivement la plaque.

Autres ennemis du plexiglas, les produits abrasifs. Citons pour exemples les crèmes à récurer (type « Cif »), les éponges vertes, ou les polishs non adaptés. Cette matière se raye très facilement. Les conséquences sont fâcheuses : plexi rendu opaque ou laiteux, et visibilité réduite.

Pour nettoyer ou dégraisser sans risques votre plexiglas, préférez :

  • Du savon doux et de l’eau tiède
  • Des produits spécifiques pour plastiques transparents
  • De l’alcool dégraissant (alcool isopropylique, ou IPA). Attention cependant à le diluer à 50%, et si possible, effectuer un test préalable.

Et dans tous les cas, utilisez un chiffon microfibre ou une éponge, jamais abrasifs !

5 - Employer des acides, même faibles, sur aluminium et inox

L’aluminium et l’inox sont tous deux extrêmement sensibles aux milieux acides. Cela est valable pour tous les acides, le vinaigre pur et les détartrants. Les conséquences sont on ne peut plus éloquentes : piqûres et corrosion rapide, ou encore affaiblissement mécanique. Nous vous conseillons fortement d’utiliser des produits dédiés à ces métaux et agréés marines. Ce constat nous conduit au point suivant.

6 – Recourir à des produits non conçus pour le nautisme

Employer des produits de bricolage, ménagers ou automobiles est une erreur très fréquente. A de rares exceptions près, et à condition de savoir s’y prendre, comme pour l’emploi de vinaigre blanc, c’est une pratique à proscrire. Liste non exhaustive des produits et des dégâts (trop) souvent constatés :

  • LES DETERGENTS. Ils ternissent le gelcoat, éliminent les cires de protection UV et fragilisent les caoutchoucs, joints et colles.
  • LES ABRASIFS (crèmes à récurer, éponges dures). Ils provoquent notamment des micro-rayures sur le gelcoat et les vernis. Ce qui augmente la rugosité de la surface et favorise l’encrassement.
  • LA JAVEL. Elle est corrosive pour l’inox, attaque les joints et les peintures, et libère des composés nocifs pour le milieu marin.

Ce qui nous amène au dernier point, et non des moindres, l’écologie !

7 - Rejeter en mer des produits polluants ou interdits

Chez CosmétiBoat, nous ne plaisantons pas avec cette question. Quel intérêt aurait la navigation si la mer n’était plus qu’une poubelle ? C’est pourquoi nous avons conçu des produits à la fois formulés pour les différents matériaux, biodégradables et agréés marines. Ceci étant dit, ne pensez pas qu’un produit écologique, même biodégradable, peut être utilisé sans limites. La mer doit rester… de l’eau de mer. Tout produit rejeté en grande quantité perturbe sérieusement son équilibre fragile. A ne pas respecter les règles de bonne conduite, outre l’impact environnemental évident, vous risquez aussi des amendes. Les rejets en mer sont souvent interdits par les règlements portuaires. Bonne nouvelle, des solutions sont alors proposées pour capter les rejets.

Vous saurez maintenant éviter les erreurs les plus courantes dans l’utilisation de nettoyants pour coques de bateau. Cependant, les écueils ne concernent pas que les produits. Pour bien nettoyer sa coque, il faut connaitre les bonnes techniques, nous vous les donnons dans cet article.

Article rédigé par Ludovic Feltesse


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